You are currently viewing Etre maman, alias « Pourquoi j’ai l’impression d’être jugée en permanence »

Tu n’as peut-être rien dit.
Rien fait de spécial.
Et pourtant, tu repars avec cette sensation désagréable : l’impression d’être jugée.

Un regard.
Une remarque déguisée en conseil.
Un silence un peu appuyé.
Et soudain, tu doutes.

« Est-ce que je fais bien ? »
« Est-ce que j’en fais trop ? »
« Pas assez ? »
« Est-ce que je suis une “bonne” mère ? »

Si tu t’es déjà sentie jugée dans tes choix de maman (que ce soit concernant l’allaitement, le travail, ton organisation, l’éducation, le rythme…), cet article est pour toi.

Pourquoi les mamans ont l’impression d’être jugée en permanence ?

Parce que devenir mère, ce n’est pas seulement donner la vie.
C’est entrer dans un espace social ultra normé.

Dès que tu deviens mère, tes choix ne t’appartiennent plus tout à fait :

  • Si tu allaites, on va te dire → “tu vas le rendre dépendant” ;
  • Si tu n’allaites pas, on va te dire → “c’est dommage pour lui” ;
  • Situ reprends le travail, on va te dire → “tu le laisses trop tôt” ;
  • Si tu restes à la maison, on va te dire → “ah, moi je ne pourrais pas ne plus avoir de vie sociale, c’est important quand même ».

Quoi que tu fasses, quelqu’un aurait fait autrement. Et ça déplaît.

Et comme tu veux bien faire, même sans t’en rendre compte, tu absorbes ces messages.
Même quand ils ne sont pas formulés clairement. Même quand il sont simplement insinués dans des silences ou le regard des autres.

Pourquoi le sentiment d’être jugée affecte autant les mamans ?

Parce que la maternité « fragilise » l’identité en ouvrant sur une période de matrescence.

Cela te rend naturellement plus perméable au regard extérieur (comme à l’adolescence).

Tu n’es plus “juste toi”.
Tu es responsable d’un autre être humain.

Alors chaque remarque semble lourde de conséquences.
Chaque jugement potentiel devient une menace.

période de transformation liée à la matrescence

Ce qu’il faut retenir c’est que ce n’est pas une faiblesse, mais une phase de transformation profonde.

Est-ce que les gens me jugent vraiment autant que je le pense ?

Oui… et non.

Oui, parce que notre société ADOOOOOORE commenter les choix maternels.

La norme rassure, la différence dérange.

Et voir une femme suivre son propre rythme peut carrément créer de l’inconfort chez l’autre.

Mais non, parce que :

  • une grande partie de ton impression d’être jugée est intériorisée ;
  • ton cerveau anticipe, rumine, amplifie ;
  • surtout quand tu es fatiguée, surchargée, vulnérable.

Cela signifie que le “jugement” que tu ressens est une combinaison de :

  1. ton interprétation (ton filtre) ;
  2. les projections émotionnelles des autres ;
  3. tes doutes internes amplifiés.

C’est un mix psychologique, et pas une condamnation réelle de ta personne. Le danger serait de croire que chaque regard extérieur est un verdict sur toi.

Je m’explique !

Ce que révèle réellement le “jugement des autres”

Souvent, quand on a l’impression d’être jugée, ce n’est pas seulement le regard des autres qui nous pèse… Mais le reflet de nos propres peurs et doutes.

C’est exactement ce que beaucoup de thérapeutes comme Lise Bourbeau expliquent : ce que nous trouvons chez l’autre est souvent une projection de ce qui est déjà là, en nous.

reflet dans un miroir


Si nos propres peurs ou croyances sont fortes, notre cerveau va interpréter le monde en conséquence afin de « confirmer » cela, même quand personne ne pense vraiment mal de nous.

Il s’agit du biais de confirmation.

En soi, ce mécanisme n’est pas mauvais : il est censé nous protéger d’un potentiel danger. Mais sauf qu’ici, on n’est pas devant un lion ou une plante mortelle.

Prendre conscience de cette particularité neurobiologique aide énormément à dépasser ses peurs et à se faire confiance.

Pourquoi les autres me jugent ?

Quand les autres “jugent”, c’est parfois aussi parce qu’ils renvoient leur propre monde intérieur.

Ce que peu de gens réalisent : la plupart des remarques que tu reçois ne parlent pas de toi…
Mais des peurs, doutes ou besoins non résolus de l’autre.

Quand quelqu’un (même bien intentionné) te dit:
“Pourquoi tu fais ça ? / Pourquoi tu ne fais pas ça comme ça ? ”
ou
“Moi j’aurais fait ça…”

… Ce n’est pas une condamnation de toi, mais le reflet de ce que cette personne vit, craint ou souhaite pour elle-même.

Et quand ça résonne en toi et que ça t’affecte, c’est là où ça devient encore plus subtil :

👉 soit tu as toi-même en toi ces mêmes peurs et doutes, et la remarque vient les « confirmer » ;

👉 soit tu peux toi-même te juger très sévèrement, même sans qu’on te dise quoi que ce soit ;

👉 soit les deux 🙃

L’allaitement long : un exemple parmi d’autres (mais très révélateur)

Prenons un cas d’école très parlant : l’allaitement.

Certaines femmes arrêtent tôt.
D’autres allaitent longtemps.
Ce qui est surprenant (et intéressant) c’est que dans les deux cas, les mères ont l’impression d’être jugées.

se sentir jugée en tant que maman

Alors on a beau lister tous les avantages de l’allaitement long (allez, pour le fun, je vous en mets quelques-uns ici) :

  • Réduction des risques d’allergies et d’asthmechez l’enfant (étude de 2022).
  • Protection contre les infections aiguës des voies respiratoires (étude de 2023) ;
  • Meilleure réponse immunitaire en comparaison aux bambins non allaités ou sevrés ;
  • Meilleur développement du cerveau de l’enfant, directement corrélé avec la durée d’allaitement (étude de 2023) ;
  • Réduction du risque d’obésité ;
  • Réduction de l’apparition du diabète ;
  • Composition évolutive aux besoins évolutifs de l’enfant, à son âge, aux saisons, aux heures de la journée… ;
  • Pour la mère, prévention de l’apparition du cancer du sein et de l’ovaire (Gwin, 1999) ;
  • Réduction des risques de diabète ;
  • Protection contre l’ostéoporose ;
  • Réduction du risque d’endométriose tant chez la mère que chez le bébé allaité (étude de 2022) ;

Il y a quasiment autant de désavantages et de critiques, qui servent la cause du sevrage précoce :

  • Manque de soutien de l’entourage, première cause du sevrage ;
  • Grand manque d’information sur l’allaitement, deuxième grande cause du sevrage ;
  • L’enfant ne créerait pas de liens sociaux et ne serait pas indépendant (même si une étude citée ici a révélé le contraire) ;
  • Dès les 6 mois, jugement, regards, et remarques désobligeantes sont de mise et poussent les mères à sevrer leur bébé ;
  • L’allaitement après six mois serait moins primordial (ce qui a également été dénié dans plusieurs études) ;
  • Le souhait des mamans de retrouver leur lingerie et leur libido « habituelle » ;
  • Les difficultés liées à la reprise du travail (locaux non adaptés au tire-allaitement, etc) ;
  • Fatigue induite par l’allaitement ;
  • Souhait d’une répartition plus équilibrée des responsabilités parentales ;
  • Envie de se réapproprier son corps ;
  • Crevasses et autres difficultés ou complications…

Ce que ça signifie concrètement

Et ici est le point essentiel :
👉 Ce n’est pas l’allaitement qui est jugé.
👉 C’est le rapport à soi, à son corps, à ses propres attentes et à celles des autres, qui est constamment jugé.

Et il n’y aura jamais de consensus, parce que tout le monde a le droit de penser et de déterminer ce qui est mieux pour lui.

avoir l'impression d'être jugée

Ailleurs dans le monde, la question ne se pose pas comme ça

Dans de nombreuses cultures :

  • on n’analyse pas chaque choix parental ;
  • on ne demande pas aux mères de se justifier ;
  • le sevrage, le rythme, les pratiques évoluent sans débat permanent.

Ce n’est pas que les mères y sont plus sûres d’elles.
C’est que le cadre social est moins intrusif.

👉 Ça montre une chose essentielle :

Ce n’est pas toi le problème.
C’est l’environnement dans lequel tu évolues.

Le témoignage de Marine sur son allaitement long

J’avais envie de te partager ce superbe témoignage de Marine. Elle vit en Andorre et a souhaité parler de son vécu de maman. Elle allaite sa fille Chéryl de 9 ans.

Quand je demande à Marine ce qu’elle aurait aimé qu’on lui dise au début de son parcours d’allaitement, sa réponse est simple. Presque déroutante de simplicité.

« Faites-vous confiance. »

Pas de grande théorie.
Pas de protocole.
Juste ça.

Marine allaite sa fille Chéryl depuis près de 9 ans.
Elle n’avait pourtant aucun plan au départ.

« Je voulais abandonner l’allaitement 1 semaine après sa naissance. »

Aujourd’hui, Chéryl n’est plus un bébé.
Elle mange comme tout le monde.
Le lait maternel n’est plus son alimentation principale, mais un complément, un lien, une ressource.

« Elle ne boit pas de lait de vache. Elle ne veut que mon lait »

Et c’est précisément là que le regard des autres commence à peser.

Quand le regard des autres devient une frontière invisible

Marine raconte que jusqu’aux 6 ans de sa fille, elle pouvait allaiter en public.
Puis, quelque chose a changé.

« Le plus difficile, c’est le regard des autres dans les lieux publics quand Chéryl avait 6 ans. Maintenant, les lieux publics c’est terminé. C’est exclusivement à la maison. »

être jugée quand on est mère

Non pas parce que son allaitement lui pose problème.
Mais parce que le regard social devient trop lourd.

« En France, je sais que je passerais pour une sorcière qui ferait quelque chose de malsain avec sa fille. Alors que pour moi, l’allaitement c’est naturel, que ce soit à 5 mois ou à 8 ans… »

Ces mots sont durs.
Ils choquent.
Et pourtant, ils disent une réalité que beaucoup de mères vivent en silence :


👉 la sexualisation du corps maternel ;
👉 la confusion ;
👉 la peur du regard des autres ;
👉 la violence symbolique du jugement.

Le poids du contexte culturel

Marine vit aujourd’hui en Andorre.
Et elle le dit très clairement : le contexte change tout.

« Ici, les gens sont bienveillants. La maîtresse de Chéryl est au courant, et elle ne juge pas. En France, on serait presque vus comme des criminels. »

Ce témoignage illustre parfaitement ce que je disais tout-à-l’heure : ce n’est pas la mère qui est fragile, c’est l’environnement qui peut être plus ou moins intrusif, plus ou moins violent.

Quand le cadre social est soutenant, l’allaitement ne devient pas un combat.
Quand il est hostile, il oblige à se cacher, à se justifier, à s’adapter.

Le regard des autres… Et celui du conjoint

Un autre point souvent tabou : le regard du partenaire.

Marine est très claire :

« Mon mari a accepté dès le début. Il trouve ça beau. Et même sexy. »

Là encore, ce témoignage bouscule des idées reçues.
Il montre que le malaise ne vient pas forcément du couple… Mais bien souvent du regard extérieur projeté sur le corps de la mère.

Ce que son allaitement long lui a appris

Quand je lui demande ce que cet allaitement lui a appris sur elle-même, Marine répond sans détour :

« Que je suis capable de produire encore beaucoup de lait après 9 ans, à 40 ans. Et que je fais confiance à ma fille. Je continue tant qu’elle le voudra. »

Sur sa manière d’être mère, c’est une évidence :

« Je ne me fixe pas de limite. Je respecte son rythme. »

Ce que ce témoignage nous montre, au fond

Le témoignage de Marine ne parle pas uniquement d’allaitement long.

Il parle de :

  • liberté intérieure ;
  • confiance en soi ;
  • résistance au jugement social ;
  • projection des peurs collectives sur le corps des mères.

Et il nous rappelle une chose essentielle : quand une mère se sent jugée, ce n’est pas parce qu’elle fait quelque chose de “mal”, mais parce que ce qu’elle vient toucher quelque chose de sensible chez les autres.

Leurs peurs.
Leurs croyances.
Leurs limites.

Et parfois… Les tiennes aussi.

avoir le sentiment d'être jugée

Comment arrêter de me sentir jugée ?

Voici quelques clés concrètes qui peuvent réellement t’aider à arrêter de te sentir jugée :

💡 1. Souviens-toi que le jugement n’est pas une vérité

Le jugement (des autres tout comme l’auto-jugement) est toujours une interprétation, jamais une vérité absolue.

C’est une fenêtre sur :

🔹 ses (leurs) propres peurs
🔹 ses (leurs) attentes non assumées

🔹 ses (leurs) besoins
🔹 ses (leurs)  projections personnelles

Et pas sur toi.

Et si on voyait ça autrement ?

Au lieu de :

👉 “Je me sens jugée”
⟶ tu peux te demander :
👉 “Qu’est-ce que ça m’apprend sur moi ?”

Un besoin de reconnaissance ? Un besoin de soutien ? Un besoin d’information ? etc.

C’est une question puissante et transformatrice.

💡 2. Fais la différence entre ce qui est dit et ton ressenti

Quand on est fatiguée et à bout, on a vite fait de prendre des raccourcis et d’ajouter une couche d’interprétation sur les mots qui nous ont été adressés.

Pose des mots sur ce qui est réellement dit et sur ce que tu ressens. Parfois, tu te rendras compte que tes émotions t’ont submergée.

Souvent, tu es plus dure envers toi-même que n’importe qui d’autre.

être jugée

💡 3. Reconnecte-toi avec ce à quoi tu crois

Sors du schéma de la justification automatique et rappelle-toi que « faire autrement » n’est pas « faire mal ».

Le vrai sujet n’est pas le jugement des autres, mais la confiance que tu t’accordes.

Ce que tu cherches, au fond, ce n’est pas qu’on te laisse tranquille ou qu’on valide tous tes choix.

C’est de pouvoir te dire :

“Je me fais confiance. Même quand on ne comprend pas.”

Et ça, ça se construit.
Pas à pas.
En te reconnectant à toi.
En sortant du mode justification permanente.

Le mot de la fin : et si ce sentiment d’être jugée était une invitation ?

Une invitation à reprendre ta souveraineté, écouter moins les injonctions, et t’autoriser à être une mère vivante, pas parfaite.

Plutôt que de vivre dans le cycle infernal :

👉 interpréter une remarque
→ s’auto-juger
→ anticiper le rejet
→ douter
→ se sentir mal

… Et si tu pouvais transformer ça en :

👉 questionner ta propre perception
→ te demander d’où vient ce malaise
→ te reconnecter à tes valeurs
→ revenir à ta propre boussole intérieure

Tu n’es pas seule.
Et non, tu n’es pas “trop sensible”.
Tu es en train de devenir toi.

Est-ce que toi aussi, tu as l’impression d’être jugée dans tes choix de mère ? Partage ton expérience dans les commentaires !

Si tu as aimé cet article ou si tu penses qu'il pourra aider quelqu'un, partage-le ! :)

Cet article a 18 commentaires

  1. Merci pour cet article qui parle à toutes les mères. Quelle mère ne s’est-elle pas sentie jugée? Si, le jugement des autres est un vrai sujet, mais encore plus vrai : le jugement envers soi, jugement de ne pas être assez, de ne pas faire assez, assez bien…
    Mères: aimez-vous! Chouchoutez-vous!

  2. Très bon article, sa lecture m’a déjà permis de prendre un peu de recul. Le sentiment d’être jugé ne concerne pas seulement des choix importants comme l’allaitement. Il m’arrive parfois de le ressentir même à la maison : une remarque, une grimace sur le repas, sur l’organisation des papiers, le rangement des affaires… Et ça suffit à déclencher ce sentiment d’être jugée. Encore merci de te soucier du bien-être des mamans.

  3. Merci pour ce texte si vrai et apaisant
    Ce que tu décris à propos du jugement envers les mamans résonne tellement : on finit par se juger soi-même avant même que les autres ne le fassent. J’aime la façon dont tu rappelles qu’on n’a pas à être parfaite, mais juste présente avec ce qu’on est, avec douceur et authenticité. Une lecture qui donne envie de relâcher la pression et de retrouver un peu plus de bienveillance envers soi.
    Je vais d’ailleurs partager ton article à ma fille.

  4. Même si je ne suis pas maman, cette réflexion est intéressante.🙂 Ce regard extérieur reflète souvent les peurs et projections des autres plus que nos propres choix. Se reconnecter à sa propre boussole intérieure est un conseil universel et puissant

  5. Merci pour cet article et surtout ce gros focus sur l’allaitement long où cela paraît, avec du recul, parfaitement aberrant qu’il ne soit pas autant démocratisé à cause du regard des autres. Pour ma part, je n’ai pas encore atteint des âges où cela pose trop de soucis d’allaiter en public (2 ans et demi) et on verra jusqu’où on ira avec ma dernière, du moment qu’on se régale elle et moi, cela ne regarde que nous…pour vivre heureux vivons cachés ?!

  6. Merci beaucoup pour cet article . J’ai allaité mes deux enfants et ces deux expériences ont été totalement différentes. C’était il y a 27 et 25ans déjà ! J’ai allaité le premier pendant 3 mois puis j’ai repris le travail. L’allaitement avait été difficile : douleurs, crevasses, inconfort,. J’étais contente d’arrêter . Je m’étais en quelque sorte quelque peu forcée à poursuivre jusque là convaincue que mon lait était le meilleur pour mon fils, malgré les « recommandations  » de ma mère, qui m’avait incitée à donner le biberon dès la naissance. Pour le deuxième , aucune douleur, pas de crevasses, du plaisir et une connexion plus forte avec mon bébé. J’ai eu droit à un congé parental et j’ai poursuivi l’allaitement jusqu’à presque 8 mois, malgré la désapprobation de ma mère ( encore elle ). Quand est venu le temps de reprendre le travail, à 50 km de la maison , j’ai arrêté . J’aurais désiré à l’époque continuer encore un peu parce que c’était plaisant mais avec le recul je crois qu’il était temps d’arrêter car mon fils était très demandeur de la tétée et j’étais vraiment fatiguée de me réveiller toutes les nuits, même si j’étais heureuse de le tenir dans mes bras. Je crois que c’est à chacune de suivre son instinct sans se préoccuper des autres et de respecter aussi en même temps son énergie, ne pas se laisser « dévorer » par son bébé .

  7. J’ai trouvé ton article profondément apaisant et utile. J’aime la façon dont tu relies l’hypersensibilité à la fatigue émotionnelle sans culpabiliser, en montrant que ce n’est pas une faiblesse mais une sensibilité qui s’épuise quand elle n’est pas nourrie. Merci pour ce texte lucide, doux et réaliste qui donne envie d’explorer ces pratiques avec curiosité et bienveillance

  8. Un grand merci pour cet article !

    Je suis entièrement d’accord : l’allaitement long devrait être la norme, pas l’exception. Ce que tu expliques rejoint aussi l’enseignement du Coran. Dans la sourate 2, verset 233, Dieu dit :

    « Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l’enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens. La mère n’a pas à subir de dommage à cause de son enfant, ni le père, à cause de son enfant. Même obligation pour l’héritier. Et si, après s’être consultés, tous deux tombent d’accord pour décider le sevrage, nul grief à leur faire. Et si vous voulez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire non plus, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l’usage. »

    Ce verset est magnifique. Il prescrit une durée idéale, prend en compte les réalités de chaque famille, et rappelle que le père a un rôle actif à jouer.

    Ce qui me touche aussi, c’est cette idée que si les parents ne peuvent pas assurer cela eux-mêmes, Dieu nous dit même de recourir à une nourrice. On sent à quel point l’allaitement long est précieux et important.

    Et aujourd’hui, comme tu le soulignes si bien, la science vient confirmer ce que la Révélation a transmis depuis des siècles.

    Bravo pour ce bel article qui remet les choses à leur juste place !

  9. Chez les Hébreux, les Grecs et les Romains une durée d’allaitement de 2 à 3 ans était courante. Nos sociétés sont étranges. Dans les années 50, il était courant de voir une femme allaiter dans le bus ou dans des endroits publics, alors que c’était une époque « assez pudique » où les femmes ne dévoilaient pas leur corps. A présent, on a vu des femmes se faire insulter quand elle donne la tétée en public, alors que les plages, les magazines, les pubs sont remplies de seins nus. Allez y comprendre quelque chose. Merci pour ton article et pour tes bons conseils.

    1. Bonjour Jackie !

      Merci pour ce partage enrichissant ! 🙏

      Je suis totalement d’accord, on assiste aujourd’hui à l’inverse : on voit plein de femmes dénudées dans les rues (juste en soutien-gorge ou brassière sous leur veste, elles ont oublié leur T-Shirt) et en string sur la plage, mais il faut se cacher sous des capes d’hôpital pour allaiter. Le monde à l’envers ! 🧐​

      Et comme tu le soulignes, dans les civilisations anciennes, cela était la norme. Et je constate que ces sociétés laissaient une part importante à la philosophie et prenaient le temps, beaucoup plus que ce que nous faisons aujourd’hui. Allaiter, c’est aussi se prendre du temps pour soi, et en donner aux autres, et c’est peut-être l’un des cadeaux les plus précieux que nous puissions faire à soi-même et à autrui. Les Hébreux, Grecs et Romains avaient déjà inventé le concept de « Slow Life » ! 🤭​

  10. Merci pour cet article bienveillant. Il est vrai que l’allaitement long n’est pas encore naturel dans notre société. Pour ma part j’ai allaité mes deux fils jusqu’à l’âge de 1an, en me heurtant à une belle mère hostile à l’allaitement ! Le principal est de faire les choses comme on le sent, se fier à son intuition et son bon sens. Comme tu le dis, à chacun sa solution, l’essentiel est d’être en accord avec soi même.

    1. Merci Annick pour ton partage d’expérience ! 🙏
      Tu soulèves un point très important : s’écouter et se fier à son intuition. Chaque maman sait intérieurement ce qu’il y a de mieux pour son enfant, et personne ne le connaît aussi bien qu’elle !

  11. Super article déculpabilisant, merci! Effectivement, chaque maman a son histoire, ses propres besoins, son système de valeurs. La priorité est d’être en paix avec soi-même et en connexion avec son enfant. Soyons plus bienveillantes les unes envers les autres. Pour ma part, j’ai naturellement arrêté car ma fille n’en éprouvait plus le besoin à partir de 10 mois. Et ça tombait bien parce qu’elle commençait à me mordiller avec ses petites dents lol

    1. Merci Elise pour ton partage ! 🙏
      Oui, les petites dents passent parfois difficilement et Bébé peut décider de faire « la grève de la tétée ». Mon premier engorgement a été à 9 mois, pendant une crise de poussée dentaire ! Pour les mamans et les bébés qui souhaitent continuer, sachez que c’est tout-à-fait possible, il faut prendre son mal en patience et dialoguer, dialoguer, dialoguer 🙂 Pas de secret, c’est la parentalité 😂

  12. Super article! Adepte du maternage proximal et de l’allaitement long, je te rejoins entièrement sur le fait que chaque parcours de maternité est différent et unique, compte tenu de l’histoire et des valeurs de chacune. Merci pour ton appel à se soutenir mutuellement, peu importe les choix que nous faisons.

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