You are currently viewing Comment poser ses limites et s’affirmer m’a permis de devenir une maman (et une femme) plus présente

Tu veux savoir comment s’affirmer quand on a un cœur grand comme ça, une to-do longue comme le bras, et qu’on a été élevée à coups de “sois gentille” ?

 J’ai longtemps cru que dire “oui” était une preuve d’amour. C’est un peu comme ça que j’ai été élevée.

Aujourd’hui, je sais que poser ses limites est un acte d’amour encore plus puissant.

Voici comment j’ai appris à le faire.

Je disais oui à tout… Jusqu’au jour où j’ai commencé à me perdre

Je suis une ancienne “oui-ouiste” professionnelle.

Besoin d’aide ? Je suis là.
Un coup de fil ? Bien sûr.
Un projet en plus ? Allez, je trouverai bien un créneau.

Je trouvais ça valorisant. Alors je disais oui. Oui à tout, à tout le monde. Et j’étais fière d’être cette fille-là.

Ça a fonctionné pour moi pendant longtemps. Surtout en tant qu’étudiante à l’université et au début de ma carrière.

Le problème, c’est qu’avec les années, j’ai ajouté de nouveaux titres à ma biographie personnelle, au-delà de celui d’étudiante, puis d’employée. Ensuite, j’ai changé de “fonction”.

Je suis devenue épouse, chef d’entreprise…  Et surtout, j’ai ajouté “maman” à mon CV. Deux fois.

Et là, dire oui à tout ce qu’on me demandait signifiait dire non à la chose la plus précieuse et la plus éphémère de toutes : le temps passé avec mes enfants.


Et très vite, j’ai compris que chaque “oui” à l’extérieur devenait un “non” silencieux à mes enfants. Et à moi-même.

Plutôt que d’être fière d’avoir un emploi du temps surchargé, j’ai commencé à aspirer à des journées de travail qui se terminaient plus tôt pour aller chercher mes enfants à l’école, et à des week-ends sans rien de prévu.

S’affirmer, ce n’est pas dire non à tout : c’est choisir à quoi on dit oui

Je croyais que s’affirmer voulait dire devenir dure, ou égoïste. J’avais tort.

C’est un cliché qui a encore la vie dure. S’affirmer, c’est choisir consciemment ce à quoi je dis oui, au lieu de dire oui et de faire par loyauté, automatisme ou par peur de déplaire.

Un exemple tout bête : il y a quelque temps, une copine m’a proposé une sortie improvisée. Avant, j’aurais dit “oui” direct. Là, j’ai regardé mon agenda, mon énergie, mes enfants. Et j’ai répondu : “Ce soir, j’ai besoin de recharger, mais je serais trop contente de caler un déjeuner ensemble cette semaine.”

Et tu sais quoi ? Elle m’a dit : “Merci de m’avoir répondu aussi franchement.”
Pas de rejet. Pas de drame. Juste du respect mutuel.

La vérité ? Le temps est précieux. Et je ne veux plus le brader.

Quand j’ai commencé à travailler, j’avais ce réflexe pavlovien : plus je fais, plus je gagne. Mais au bout de quelques années, j’étais surtout plus fatiguée, plus irritable, et plus souvent absente… Même quand j’étais là physiquement.

Aujourd’hui, mon temps est devenu plus important que l’argent, et en opérant ce changement mental, il m’a été plus facile de dire non aux opportunités professionnelles qui me prenaient trop de temps.

Bien sûr, gagner plus d’argent peut parfois offrir plus de moments de qualité en famille. C’est à toi de poser tes propres limites. Si une belle prime de fin d’année permet de t’offrir des vacances en famille, ça peut peut-être valoir le coup.

Savoir ce que l'on veut

L’important est d’établir des limites mentales autour de ton temps et de les respecter.

J’ai appris à voir mon temps comme une ressource sacrée.
Aujourd’hui, je préfère automatiser et déléguer ce qui peut l’être pour avoir plus de temps pour moi, pour ma famille et pour ce qui compte pour moi.

S’affirmer, c’est aussi ça : reconnaître que ton temps et ton énergie sont tes ressources les plus précieuses, et qu’elles méritent d’être protégées.

Je ne peux pas tout être en même temps (et c’est OK)

Tu sais, ce fameux tiraillement de vouloir être à la fois une maman douce, une salariée badass, une amoureuse sexy, une amie présente et une femme bien dans son corps qui s’émerveille de tout ?


En réalité, tu peux tout être… Mais pas tout en même temps.

Je n’ai jamais ressenti quelque chose d’aussi vrai en tant que maman.

Dans cette phase de ma vie, avec de jeunes enfants à la maison, ils ont besoin de beaucoup d’attention. Ça signifie que certains rôles que j’assume et que j’aime profondément, se réduisent un peu ou passent même temporairement au second plan.

Avant d’avoir des enfants, je passais mes soirées à lire ou à discuter avec mes amies, j’allais à la salle de sport tous les jours ou presque et je profitais des matinées calmes de télétravail avec mon chat sur le genoux (en paix !).

Aujourd’hui, mes priorités ont changé. Et je n’en ai pas honte.
Je choisis mes sorties. Je choisis où je mets mon énergie.

En fait, je pense que qu’à partir de ce moment-là, mes relations sont devenues encore plus vraies et plus nourrissantes.

C’est un vrai « temps de qualité » que tu t’octroies (et que tu octroies aux autres !), comme tu le fais avec tes enfants ! Parce que ça vient d’un “oui” entier, un « ça y est, je me dédie à toi à 100% ».

S’affirmer, c’est aussi communiquer avec douceur

J’ai mis du temps à comprendre que poser ses limites, ce n’est pas fermer des portes : c’est ouvrir un dialogue.

Je n’ai peut-être plus autant de temps qu’avant pour faire tout ce que j’ai envie de faire, mais j’ai encore du temps pour faire sentir aux autres qu’ils comptent.

La plupart des gens acceptent très bien qu’on pose ses limites, du moment qu’on le communique avec respect et gentillesse.

Quand je réponds à une demande avec sincérité, sans me justifier à outrance, j’invite l’autre à faire de même. C’est contagieux, la clarté.

En réalité, en posant des limites de manière saine tout en maintenant des relations respectueuses, on devient un modèle pour les autres.

Et si je replonge parfois dans mes vieux schémas ? Je me pardonne.

Créer les limites qu’on veut instaurer est la partie facile.

S’y tenir est un processus continu qui demande de la pratique.

Il y a encore des semaines où je me retrouve débordée et où je me demande comment j’ai pu replonger dans mes anciennes habitudes de vouloir faire plaisir à tout le monde. Où je m’oublie un peu.

Dans ces moments-là, je m’accorde de la compassion et de la bienveillance.

Maintenant, je m’en rends compte. Je ne me juge plus. Je respire. Je réajuste.

Parce que s’affirmer, ce n’est pas être parfaite.
Je souris, car même si ces semaines sont plus fatigantes, elles me rappellent que je suis toujours capable de tout gérer.

Elles me montrent aussi que, dans l’ensemble, je suis heureuse de laisser cette ancienne version de moi se reposer un peu.

Et toi, à quoi tu veux dire oui aujourd’hui ?

Peut-être que toi aussi, tu sens que tu dis trop souvent oui à contre-cœur.
Peut-être que tu rêves de ralentir, de choisir, de t’affirmer avec plus de confiance.

Alors je te pose la question :
✨ Et si tu osais poser une petite limite aujourd’hui ?
✨ Et si tu remettais un peu plus de “toi” dans ton emploi du temps ?
✨ Et si tu arrêtais de t’excuser d’exister ?

Moi, j’ai commencé par dire non à une réunion le lundi à 18.00. Et ce soir-là, j’ai vu mes filles faire une cabane dans le salon. J’ai ri avec elles. Et je me suis dit : c’est ça, ma vraie réussite.

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Ana – Coach de vie pour mamans & fondatrice d’Origami Mama

J’accompagne les mamans à sortir de l'épuisement maternel et retrouver temps, énergie, et confiance en soi en Alsace (Herbsheim) et en visio partout dans le monde.

Cet article a 7 commentaires

  1. Merci pour cet article si juste ! J’ai été touchée par cette phrase : “Chaque ‘oui’ à l’extérieur devenait un ‘non’ silencieux à mes enfants ». C’est bouleversant et tellement vrai. J’adore aussi le message : s’affirmer, ce n’est pas renoncer à tout, mais choisir à quoi on dit oui, avec douceur, sans culpabiliser. Merci pour ce bel article

  2. J’ai trouvé cette phrase particulièrement touchante : “S’affirmer, ce n’est pas dire non à tout : c’est choisir consciemment ce à quoi je dis oui.” Elle m’a parlé, car tu montres clairement que s’affirmer, ce n’est pas être dure, mais vivre plus alignée et respectueuse de soi. Merci : ton texte respire la douceur et la clarté, et permet de s’autoriser à se poser avec confiance et bienveillance 🙂

  3. Bravo pour ce témoignage! Il en ressort un bel équilibre et un vrai cap qui fait du bien à lire. Une personne qui sait dire non est, pour moi, une personne rassurante, une personne de confiance, quelqu’un qui ne se précipite pas sur les opportunités sans réfléchir/ressentir pour ensuite se désister ou craquer. Elle dégage ainsi du respect et l’on se sent honorée quand elle nous accorde du temps parce qu’on sait qu’elle nous sera complètement disponible.

  4. J’ai trouvé des conseils d’une grande sagesse dans cet article, comme le fait de constater que le temps est précieux (« mon temps est devenu plus important que l’argent ») et que l’on peut tout être… Mais pas tout en même temps. Et de communiquer ses limites avec douceur. Merci !

  5. Je suis tellement d’accord avec toi ! C’est indispensable de savoir poser des limites et de se faire respecter… pour se respecter soi-même, et profiter des moments importants pour soi.
    Perso, j’ai très vite appris à poser des limites ! Surtout dans le monde professionnel. Je me souviens que lorsque j’étais jeune et célibataire, je m’étais inscrite à quelques cours, le soir après le travail. Et de temps en temps, je remplaçais une collègue lorsqu’elle était en vacances. Dans ces moments-là, le soir, avant de partir, je devais lancer une sauvegarde. Mais pour ça, tous les utilisateurs devaient être déconnectés. Et l’un de mes collègues, malgré mes appels répétés, continuait à travailler.
    Un jour qui n’a pas été fait comme les autres, je suis partie sans lancer la sauvegarde le soir, parce que je ne voulais pas rater mon cours. Et j’ai fait la sauvegarde le lendemain matin, ce qui a bloqué tout le monde. Après ça, le collègue en question n’a plus jamais tardé à se déconnecter quand je l’ai appelé ! J’étais trop contente de moi ! 🙂
    Donc parfois, il faut aussi savoir frapper un grand coup, quand l’autre ne veut pas accepter les limites 😉

  6. Poser ses limites n’est pas un renoncement, c’est un acte d’amour envers soi-même et sa famille. C’est une action saine 🙂

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