Non, tu n’es pas complètement folle ou pommée. Tu te transformes.
Si tu es ici, c’est probablement parce que tu traverses quelque chose de flou, de déroutant, parfois même un poil effrayant.
Une crise existentielle qui ne dit pas son nom.
Un malaise diffus.
Une fatigue qui n’est pas “juste” physique.
Une sensation étrange de ne plus savoir exactement ni qui tu es, ni ce que tu veux, ni comment continuer comme avant (si tant est que tu le veuilles encore).
Et si, en plus, tu es devenue mère ces dernières années, il est très probable que cette crise existentielle soit intimement liée à un phénomène encore trop peu connu, trop peu compris, trop peu nommé, et surtout trop peu expliqué dans sa profondeur : la matrescence.
Dans cet article, je vais mettre des mots sur ce que beaucoup de femmes vivent en silence.
Et surtout, je vais te montrer pourquoi tu n’es ni faible, ni ingrate, ni « avec un truc qui cloche », mais en pleine métamorphose identitaire.
Qu’est-ce qu’une crise existentielle ?
Une crise existentielle est une remise en question profonde du sens de ta vie, de ton identité, de tes choix, de ce qui te faisait tenir jusque-là.
Elle se manifeste souvent par :
- une perte de repères ;
- une impression de vide intérieur ;
- un décalage entre ta vie extérieure et ton monde intérieur ;
- une fatigue psychologique inexpliquée (qui peut aussi déboucher sur une fatigue physique inexpliquée) ;
- une hypersensibilité nouvelle ;
- une question lancinante : “C’est donc ça, ma vie ? Est-ce vraiment la vie que j’ai envie de mener ?”.
Elle est à différencier de la dépression, qui est un trouble de l’humeur pouvant s’accompagner d’une tristesse persistante, d’une perte d’élan vital, d’une incapacité à ressentir du plaisir, et parfois d’un sentiment de désespoir profond nécessitant un accompagnement médical ou thérapeutique.
La crise existentielle, elle, n’est pas une maladie. C’est une crise de sens. Une crise identitaire.
Tu peux continuer à fonctionner.
Travailler.
T’occuper de ta famille.
“Gérer”.
Mais intérieurement, quelque chose ne colle plus.
Ce qui t’enjouait avant ne te nourrit plus.
Ce qui faisait sens semble soudain creux.

C’est précisément ce qui rend la crise existentielle si déroutante : elle ne se voit pas toujours de l’extérieur, elle ne déclenche pas forcément d’alarme immédiate, mais elle agit en profondeur, comme un fossé silencieux entre ce que tu vis et ce que tu ressens.
Traditionnellement, on associe la crise existentielle :
- à la crise de la trentaine ;
- à la crise de la quarantaine ;
- à un burn-out (que ce soit un burn-out parental, un burn-out professionnel, un burn-out émotionnel…) ;
- à un deuil ;
- à une rupture ;
- ou à un événement traumatique.
Mais il existe une crise existentielle massive, silencieuse et largement invisibilisée :
👉 celle qui accompagne l’entrée dans la maternité.
Qu’est-ce que la crise existentielle de la matrescence ?
Chez de nombreuses femmes, cette crise existentielle n’apparaît pas par hasard.
Elle survient à un moment charnière de la vie : lorsque l’identité se transforme, lorsque les rôles se multiplient, lorsque l’ancien “moi” ne suffit plus à contenir ce qui cherche à émerger.
C’est exactement ce qui se joue dans la matrescence.
La matrescence désigne le processus de transformation psychique, émotionnelle, identitaire et hormonale qu’une femme traverse en devenant mère.
C’est une contraction du mot « maternité » et « adolescence » : c’est la phase transitoire entre la femme et la mère qui s’assume, qui s’affirme et qui s’épanouit.
Ce que peu de contenus expliquent clairement, c’est que la matrescence est, par nature, une crise existentielle.
Pas au sens pathologique.
Mais au sens initiatique.
Tu ne fais pas “que” devenir mère.
Tu meurs symboliquement à une version de toi pour en faire émerger une autre.
Et ça, ça secoue.
Pourquoi la crise identitaire de la matrescence fait tout exploser ?
1. Parce qu’elle détruit l’illusion de continuité
Avant, tu pensais que tu allais “ajouter” un rôle à ta vie.
👉 Une femme + une mère.
👉 Une carrière + un enfant.
👉 Le livre de ta vie + un nouveau chapitre.
Sauf que non.

La matrescence ne s’ajoute pas à ce que tu es déjà, elle recompose.
Ton rapport au temps change.
Tes priorités sont bouleversées.
Tes centres d’intérêt ont fait un virage à 180°.
Ton corps devient un territoire inconnu.
Ton énergie n’obéit plus aux mêmes règles.
Et surtout… Ce qui te définissait avant ne te définit plus totalement.
C’est là que la crise existentielle commence.
2. Parce qu’elle fait voler en éclats les injonctions
Pendant longtemps, tu t’es conformée (peut-être même comme moi, sans le savoir) à des “il faut” :
- il faut être performante ;
- il faut être agréable ;
- il faut réussir ;
- il faut faire plaisir ;
- …
La maternité vient mettre une lumière crue sur ces injonctions.
Ton cœur dit non.
Ton corps dit stop.
Ton intuition s’éveille.
Et intérieurement, une question surgit :
“Mais pourquoi je fais ça, au juste ? Est-ce que c’est vraiment l’exemple que j’ai envie de donner à mon enfant ?”
Bienvenue dans la crise existentielle de la matrescence.
3. Parce qu’elle te confronte à ton identité profonde
La matrescence ne touche pas que ton organisation ou ton quotidien de maman.
Elle touche à des couches beaucoup plus profondes :
- Ton positionnement par rapport à ton enfant ;
- Ton rapport à ta propre mère ;
- Ton histoire de femme et l’histoire de ta lignée de femmes ;
- Des blessures anciennes de ton âme ;
- Ton besoin de liberté ;
- Ton désir de créer du sens ;
- Ta place dans le monde.

Certaines femmes décrivent cette période comme une perte de soi, une crise identitaire, une confusion, une envie de tout remettre à plat.
Ce sont des marqueurs typiques de crise existentielle.
4. Parce que personne ne t’apprend « comment devenir mère »
Il existe une infinité de ressources pour savoir quoi faire avec un bébé : comment l’allaiter (encore que… !), le porter, l’endormir, interpréter ses pleurs, décrypter ses selles ou optimiser ses siestes.
👉 A checker aussi : L’art de bien accueillir bébé : 5 conseils pour célébrer la vie
Mais que fait-on de la mère ?
Personne ne t’explique ce qui se passe à l’intérieur quand tu deviens mère.
Personne ne te prépare à la mue identitaire que cela implique.
Personne ne te dit que tu vas peut-être perdre tes repères, douter de toi, remettre en question des pans entiers de ta vie — sans que rien ne “dysfonctionne” objectivement.
On s’y attend à l’adolescence, mais comme on ne connaît que trop peu la matrescence, eh bien on ne s’y attend pas, et parfois, comme moi, on se brûle un peu les ailes au passage.
Il n’y a pas de mode d’emploi pour devenir mère au sens existentiel du terme.
Pas de cadre pour comprendre pourquoi tu ne te reconnais plus tout à fait et pourquoi tu as complètement changé d’avis sur plein de choses.
Alors tu fais comme beaucoup de femmes : tu continues, tu t’adaptes, tu tiens.
Jusqu’au moment où quelque chose craque.
Mais ce craquement n’est pas un échec.
C’est précisément là que la matrescence rejoint la crise existentielle.
5. Parce que biologiquement, ton cerveau change pendant la matrescence
Non, tu n’es pas complètement folle. J’aimerais vraiment te déculpabiliser ici, par ce que non, quand tu traverses la matrescence, tu n’es pas juste « trop sensible » et tu n’as pas juste « pété un câble ».
Il se passe aussi des changements biologiques et mesurables.

Des études en neuro-imagerie ont montré que dès la grossesse, une modification substantielle de la structure cérébrale est observée, et ces changements sont restés observables dans une étude longitudinale (avant/après grossesse) pendant encore au moins deux ans après la naissance (après ça, l’étude s’est arrêtée). Il y est même indiqué qu’il y a « peu de régions cérébrales qui ne sont pas touchées par la maternité ».
Cela signifie que changements sont structurels et à long terme.
Et ce qui est fascinant, c’est que cette plasticité ne dépend pas uniquement du fait d’avoir porté l’enfant : elle est aussi liée à l’expérience de soin à un enfant.
Ce qui permet de répondre à la question : est-ce qu’il faut avoir accouché pour vivre une matrescence ? La réponse est NON. Tu peux tout-à-fait traverser la crise de la matrescence en ayant adopté un enfant ou même… En étant un papa.
C’est notamment le résultat d’une étude sur les pères qui a montré que le cerveau peut se “caler” sur le rôle de « caregiving » (donner des soins), avec des réponses neuronales proches de celles observées chez les mères lorsque le père est très impliqué au quotidien.
Donc non, tu n’inventes pas n’importe quoi et surtout, tu n’es pas folle : la matrescence peut être vécue comme une crise existentielle, parce que ton identité change… Et qu’une partie de ton système (psychique ET neurobiologique) est littéralement en train de s’adapter à un nouveau monde.
Les signes concrets d’une crise existentielle liée à la matrescence
La crise existentielle liée à la matrescence ne se manifeste pas toujours par une grande détresse visible.
Comme coach de vie, je constate qu’elle s’infiltre plutôt dans les détails du quotidien, dans des pensées fugaces, dans des sensations difficiles à expliquer.
Voici comment cela s’incarne réellement chez beaucoup de mamans :
- Tu aimes tes enfants, mais tu te sens un peu étrangère à ta propre vie, à côté de la plaque ou dans l’incapacité à gérer ;
- Tu rêves de solitude autant que tu culpabilises d’en avoir besoin ;
- Tu ne supportes plus certaines conversations, certains rôles (surtout quand on te dit ce que tu dois faire et comment tu dois penser) ;
- Tu ressens un appel diffus vers “autre chose”, sans savoir quoi ;
- Tu es plus sensible, plus irritable, parfois aussi plus intuitive;
- Tu te demandes: “Si j’enlève toutes mes casquettes (maman, épouse, salariée, membre d’asso, etc), il reste qui ?”

💡 A retenir : Ce n’est pas une crise à “gérer”. C’est une transition à traverser.
C’est le passage obligé vers une version plus alignée de toi.
Comme toute initiation :
- il y a d’abord un chaos (ou la destruction / remise à zéro de ce qui existait jusqu’alors);
- une perte de repères ;
- une traversée du vide ;
- puis une reconstruction.
Le problème, ce n’est pas la crise. C’est de la traverser seule, sans mots, sans cadre, sans soutien.
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Ce que personne ne te dit sur la crise existentielle de la matrescence
Quand tu parles de ce que tu vis, on te dira souvent de “t’organiser mieux”, de “prendre du temps pour toi” et de “penser positif”.
Mais une crise existentielle liée à la matrescence ne se règle pas avec des to-do lists ou des affirmations positives collées sur le frigo.
Elle demande de comprendre réellement ce qui t’arrive, de faire de la place à ta nouvelle identité et de retrouver ton énergie vitale, pas juste ton efficacité.

Si ce que tu ressens, c’est surtout une fatigue profonde, une sensation d’être vidée, l’impression de fonctionner en mode survie… Alors ce n’est pas ta volonté qui manque.
C’est ton énergie qui est épuisée par cette transformation intérieure.
C’est exactement pour ça que j’ai créé un rituel sur-mesure pour retrouver de l’énergie quand on est maman, pour t’aider à traverser cette phase sans t’oublier, en respectant ton rythme, ton corps et ton système nerveux.
Comment accompagner sa crise identitaire de matrescence
1. S’informer
La première clé, c’est de mettre des mots et de comprendre ce que tu vis.
Nommer la matrescence, comprendre ce qui se joue derrière, reconnaître que cette crise existentielle a une raison d’être sont autant d’étapes pour mieux accepter les changements qui t’entourent.
Parce que, quand tout est flou pour toi à l’intérieur, ne pas avoir d’espace pour déposer ce que tu vis peut vite te donner l’impression de tourner en rond.
Avant même de chercher des solutions ou du soutien extérieur, il y a souvent une étape indispensable (et trop souvent oubliée) : comprendre ce qui se passe pour toi, ici et maintenant.
Qu’est-ce qui t’épuise vraiment aujourd’hui ?
Qu’est-ce qui te pèse le plus, en ce moment précis de ta vie de mère ?
Qu’est-ce qui te vide… Sans que tu arrives à mettre des mots dessus ?
Sans cette clarté minimale, même le soutien le plus bienveillant peut passer à côté de l’essentiel.
C’est pour ça que le premier pas n’est pas forcément de parler à quelqu’un.
C’est parfois simplement de t’arrêter deux minutes, de te reconnecter à toi, et de mettre un nom sur ta source principale d’épuisement.
Une fois que ça, c’est posé, tout devient plus lisible.
Et tu peux alors t’entourer de la bonne manière, au bon rythme, avec les bons appuis.
Si tu sens que tu es encore dans le brouillard par rapport à tout ça, que tu es fatiguée sans savoir exactement pourquoi, j’ai créé un outil gratuit, simple et rapide pour t’aider à y voir clair.
En 3 minutes, tu mets le doigt sur ce qui t’épuise le plus aujourd’hui, tu mets des mots sur ce que tu vis en ce moment précis de ta vie de mère, et tu repars avec une première piste concrète pour te recharger, sans tout révolutionner.
2. T’autoriser à questionner ton ancienne vie
Tu peux aussi arrêter de chercher LA solution. Il n’y a pas de bouton reset.
En revanche, il y a tout un chemin de reconnexion à soi.
La matrescence t’invite à te demander :
- Qu’est-ce qui ne me convient plus ?
- Qu’est-ce que je fais par loyauté ?
- Qu’est-ce que je veux transmettre ?
Et tout un tas d’autres questions existentielles qu’il faut prendre le temps de s’approprier, digérer et répondre, chacune à son rythme.
3. Sortir du mythe de la maternité idéale
La troisième clé, c’est d’en finir avec le mythe de la maternité magique et magnifique.
Oui, tu as le droit de trouver ça difficile par moments.
Et oui, tu as le droit d’aimer ton enfant et de regretter certains aspects de ta vie d’avant.
Ces deux réalités peuvent coexister et c’est parfaitement normal.
Le temps que tu mettras à retrouver ton équilibre pour vivre une maternité épanouie dépendra de ton propre cheminement.
Un coach en développement personnel peut t’aider à te poser les bonnes questions et mieux vivre cette phase de ta vie.

4. S’entourer et chercher du soutien
La dernière clé, c’est de ne pas traverser cette transformation seule.
La parole, le partage d’expérience, le fait de se sentir comprise et soutenue font une différence immense.
N’hésite pas à rentrer en contact avec d’autres mamans, en parler avec tes amis, des professionnels de santé ou avec un coach en développement personnel.
Traverser une crise existentielle liée à la matrescence seule, c’est ce qui la rend plus longue et douloureuse.
Le mot de la fin
La crise existentielle que tu traverses n’est pas une erreur de parcours, et encore moins le signe que tu n’es pas faite pour être mère (ou pire, que tu es une mauvaise mère !).
C’est un seuil.
La matrescence est une renaissance identitaire.
Et si tu te sens perdue, fatiguée, déroutée…
C’est parfaitement normal. On ne naît pas mère, on le devient.
Partage dans les commentaires si tu as toi aussi vécu cette transformation identitaire ! Ton partage aidera énormément de mamans donc namasté à toi si tu as le courage de le faire 🙏
